Tristitia (Tristesse)

  • Nature planétaire : Saturne.
  • Qualité : Très mauvaise.
  • Significations dérivées : Figure occidentale, froide et sèche, féminine, nocturne, féconde, correspondant à l’automne.
  • Figure contraire : Laetitia.
  • Figure complémentaire : Cauda Draconis.
  • Figure en analogie de sens : Carcer.
  • Mode d’action : Fixe, Entrante, Rétrograde.
  • Jour : Samedi – Mois : Octobre.
  • Signification résumée : La dépression, la tristesse et les regrets, les pensées funestes, la ruine et le délabrement mental et physique, l’effondrement des projets et des espérances, le retrait, la concentration, la pénétration, l’exploration lente des profondeurs et les œuvres de l’esprit, la sagesse, la fatalité, l’hérédité, le destin, « ce qui ne tue pas rend plus fort ».
  • Échelle de temps : L’Année.
  • Parties du corps : Les reins, le foie et la vésicule biliaire.
  • Lieux : Les caves, les puits, les souterrains, les crevasses, les précipices, tous les lieux obscurs, la forêt sombre et profonde, les ruines, les oubliettes, les bibliothèques et les laboratoires.
  • Météorologie : Temps fortement pluvieux et froid installé avec peu de luminosité.
  • Tempérament : Tourmenté, perturbé, torturé, fortement introverti et peu sociable, ascétique, austère, froid, verrouillé, parcimonieux, replié sur lui-même, inapte au contact et à la sensualité, capable d’une concentration hors-norme et d’une patience à toute épreuve, disposé aux travaux de recherches profonds dans tous les domaines exigeant une ascèse totale.
  • Message liminal : Ne cédez pas à l’abattement quelques soient vos pertes et reprenez courage, car c’est tout ce qu’il vous reste dans la situation.
  • Sens fondamental : L’échec, le découragement, la mélancolie, l’état dépressif, l’immobilité, la passivité, la confiance perdue, l’abattement sous l’effet d’une masse écrasante, la fatigue, la déperdition des énergies, l’anémie, l’apathie, la paralysie, le marasme, le dépérissement, l’impuissance, les idées noires, la perte de tout espoir, le glissement dans le néant, les tunnels sans fin, l’attitude dépréciative, les longues périodes de trouble, la détresse et l’abandon.
  • Analogie symbolique : Les pensées sinistres, le renfermement sur soi, les angoisses profondes, les restrictions matérielles, l’indigence, le dénuement, la déficience, la défaillance psychique, les déboires amoureux, les échecs professionnels et ce que l’on en retire d’enseignements ; bénéfique pour : la préservation du secret, la découverte de trésors enfouis, l’immobilier et l’agriculture, les situations où des assises stables sont recherchées, les activités nécessitant persévérance et abnégation.

Tristitia invite d’emblée à recourir à ses capacités intérieures pour avancer, tant seront limitées les ressources extérieures à notre disposition. De ce point de vue Tristitia révèle à notre regard la réalité ultime de toute chose et en toute chose, une fois l’enveloppe du cœur définitivement transpercée. Ainsi est-il possible de percevoir en cette figure la lueur vacillante d’une issue favorable et constructive à nos tourments, à la condition de s’y dédier corps et âme, avec une sincérité patiente et persévérante, et sans toutefois s’obstiner.

Car si les hordes d’obstacles à parsemer notre chemin de vie seront légion, elles seront de fait autant d’appels à débusquer ce qui reste caché au plus profond de nous, tapi dans les ténèbres de notre inconscient – notre cher ennemi intime, invisible, cet autre en nous – et de développer notre aptitude à la vision intérieure et à la connaissance de soi. Nous comprendrons mieux dès lors les sources et l’origine de nos propres blocages et de nos tensions psychiques, dans un parfait esprit d’ascèse, de recentrement, et de retour à la racine de nos maux pour mieux en entendre les enseignements prophétiques.

Tristitia nous encourage ainsi à lâcher prise autant que faire se peut, à regarder en face notre passé et tout ce qui tiré de ce passé alimente nos angoisses parfois refoulées, comme pour mieux accueillir cet autre visage de nous-mêmes, dans un parfait état d’acceptation, et d’engagement. L’heure est au calme et à la prise de recul, afin d’envisager sereinement envisager la situation et d’amorcer un processus de changement plus ou moins radical de nos conditions d’être au monde. Le temps est venu de partir à la rencontre de nos vieux démons, et de nous séparer de tout le fatras de nos souvenirs les plus oppressants, pour mieux vivre l’éternité du moment présent, et de tourner une bonne fois pour toutes la page d’un passé encore trop présent.

Cette faculté de prise de hauteur, de détachement et de confiance dans le dessein divin gardera vibrante en nous la flamme de l’espoir d’un futur plein de promesses et de belles surprises, jusqu’à se transformer en un véritable feu de joie intérieur de tout notre être, à la condition de ne pas se décourager, et d’oser rentrer au fond de nous-mêmes pour apprendre de l’épreuve. Ce faisant, Tristitia nous permettra d’approfondir notre compréhension intérieure par une prise de champ absolue, et de nous emparer des lois cachées de notre propre fonctionnement intime par un prodigieux et irréversible retournement de l’esprit sur lui-même.

Tel pourrait être le message que nous envoie Tristitia : « Ne desespérez pas ! Car c’est au fond du puit que l’on amorce la remontée, quand on a touché le fond. Ne dramatisez pas non plus les soucis qui vous tourmentent de toutes parts, et gardez confiance et courage : il existe assurément une issue à laquelle vous n’avez pas encore songé. Accueillez vos peurs et vos idées noires comme autant de chances de puiser au fond de vous-mêmes dans l’énergie du désespoir la force d’agir, d’abandonner vos anciennes vues, et tout ce dont vous aspirez à vous séparer pour vous élever ».

Tristitia amorce ce travail intérieur d’élucidation des causes et de réassurance, et nous engage à faire le point en toute franchise sur nous-mêmes. Une fois cette œuvre d’anamnèse accomplie, le Beau, le Bien et le Vrai nous seront à nouveau accessibles, ou plus simplement seront-ils redevenus visibles à nos yeux, car notre propre regard aura changé sur la situation traversée, nous incitant à l’action, et à l’ouverture aux autres comme à nos propres tendances. Il nous incombera dès lors d’agir avec positivité, de sourire à la vie, et de réamorcer nos rapports sociaux, afin qu’à l’anéantissement et la pénétration dans les profondeurs occultes succèdent la délivrance finale et la réhabilitation au monde et à sa splendeur.

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