Examen de la triplicité du Tribunal

Vous estimerez le caractère bénéfique ou maléfique de la triplicité des Témoins et du Juge, ceci afin de déterminer l’accord ou la contradiction du Tribunal avec les éléments d’analyse déjà obtenus.

De l’examen sommaire des figures en présence, vous pourrez déjà tirer un premier diagnostic, à seule vocation de vous forger une conviction sur la tonalité d’ensemble.

  • En cas de présence de bonnes figures seulement, vous déduirez à un contexte bénéfique au Questionneur et à l’atteinte du résultat escompté.
  • En cas de mélange de bonnes et de mauvaises figures, vous inférerez des retards, des difficultés, des obstacles, des gênes et des contrariétés.
  • Lorsqu’il ne se trouvera que de mauvaises figures, vous y verrez un milieu globalement hostile et défavorable, et affinerez le sens par l’étude des douze premières Maisons.

Une analyse subséquente et approfondie du Juge permettra immédiatement après de préciser la réponse oraculaire, en se souvenant bien que :

  • Une bonne figure engendrée par deux autres bonnes croit en bonté ; à l’inverse, une mauvaise figure engendrée par deux autres mauvaises devient pire encore.
  • Une bonne figure produite par une bonne et une mauvaise indique un succès avec ennuis et retards. Elle conserve dans ce cas sa propre signification et l’influence des figures parentes se trouve neutralisée.
  • Une bonne figure issue de deux mauvaises figures est teintée de leur influence négative, se corrompt et revêt une qualité mitigée.
  • Une mauvaise figure issue de deux bonnes figures reste imprégnée de leur influence positive, et s’en trouve améliorée dans sa qualité.
  • Lors de toute copulation de figures, celle à dextre (droite) est toujours le père, et celle à senestre (gauche) la mère ; (c’est pour cette raison que l’on dit le Témoin Gauche « Mère » du Juge, et le Droit « Père » du Juge, le Juge pouvant être selon les cas Fils ou Fille, en fonction de son degré d’affinité avec l’un ou l’autre des deux Témoins).

Suivant ces règles, nous obtenons les combinaisons ci-après pour l’analyse du Tribunal, et qu’il sera bien entendu possible d’enrichir avec l’expérience :

  • Deux bons Témoins et un mauvais Juge :
    • La chose demandée sera obtenue mais après des délais et des difficultés.
    • Les conséquences seront fâcheuses et regrettables à l’arrivée.
    • Vous affinerez le verdict du Tribunal à l’aide des douze Maisons du sensitif.
  • Deux mauvais Témoins et un bon Juge :
    • Le Questionneur n’obtiendra qu’une satisfaction médiocre et partielle.
    • L’issue sera favorable mais précédée de difficultés et d’embûches certaines.
  • Mauvais Témoin Droit et bon Témoin Gauche :
    • L’affaire sera mal engagée et souffrira d’un piètre démarrage avec des déboires certains, mais l’issue sera plutôt favorable avec plus ou moins de retard, selon la qualité du Juge.
  • Bon Témoin Droit et mauvais Témoin Gauche :
    • Quoique bien amorcée, il ne résulta rien de foncièrement positif de l’affaire considérée, dont l’issue sera plus probablement malheureuse.

Enfin vous pourrez affermir votre jugement à l’aide des quelques règles particulières d’interprétation du Tribunal qui suivent :

  • Lorsque le Témoin Gauche et le Juge seront maléfiques, l’issue sera fatalement défavorable au Questionneur.
  • Vous aurez présent à l’esprit que chaque Témoin est le Juge de la moitié du thème qu’il gouverne avec les conséquences sur le passé et l’avenir que cela implique.
  • Lorsque la figure du Juge se trouvera en accord dans sa qualité avec celle de la Maison IV, aucun doute ne sera permis quant à l’issue la plus avantageuse qui soit pour le Questionneur. Quand l’une sera bonne et l’autre mauvaise, le résultat escompté se révèlera mitigé.
  • Lorsque deux figures bénéfiques se retrouveront l’une en Maisons angulaires, l’autre en Maison de la question ou en Juge, leur bonté influera sur le thème en entier, d’autant quand elles s’accorderont en nature, l’inverse étant vrai en cas de mauvaises figures.
  • En cas de doute et si les figures du Juge et de la Maison I appartiennent au même élément, l’issue pourra être jugée en faveur du Questionneur.
  • Vous veillerez à toujours moduler le sens et la signification des figures, en particulier du Juge, selon la nature de la question posée :
    • Conjonctio, figure positive mais associée à la mort, devient défavorable pour une question concernant l’issue d’une maladie grave.
    • Carcer, figure négative devient bénéfique pour les actes immobiliers, la magie, les semaisons, tout ce qui doit germer et sortir de terre (y compris les constructions), la conservation des biens et des statuts, et toutes questions attenantes à l’évolution d’une grossesse.
    • Amissio, figure négative devient bénéfique lorsque l’on interroge l’issue d’une affaire bloquée.
    • Tristitia, figure négative devient bénéfique dès lors que l’affaire a trait aux choses de l’esprit, aux sciences occultes, à l’agriculture (récoltes abondantes), ou que l’on espère la pluie.
    • Cauda Draconis, figure négative, promet pourtant la guérison d’une longue maladie, et la libération du prisonnier en lourde peine.
  • L’interprétation du Juge ne pourra s’avérer adéquate qu’à la condition de tenir compte de la triplicicté qu’il forme avec les Témoins, et ne saurait être commise en isolation, sous peine de contre-sens et d’approximations malheureuses.
  • De la même manière, l’interprétation du Juge devra-t-elle toujours être asservie aux enseignements tirés des Maisons existentielles, condition nécessaire à la formation d’une opinion éclairée et affectée de sens.
  • Lorsque la figure du Juge (ou de la Sentence) sera favorable ou éminemment favorable, mais qu’elle se retrouvera dans le thème en mauvaise Maison, comme c’est le cas par exemple de la VI, de la VIII ou de la XII, des obstacles imprévisibles seront à redouter qui empêcheront l’atteinte du résultat, dans le meilleur intérêt toutefois du Questionneur et pour son plus grand bien.
  • Lorsque dans un thème le Juge aura pour figure Populus, il conviendra de juger non par cette figure, mais par celles placées en Maisons Angulaires la réponse à la question posée.
  • Contrairement à une croyance bien ancrée, peut-être liée à une surestimation de la valeur conclusive et proprement sentencieuse du Tribunal, celui-ci ne saurait infléchir le pronostic obtenu au moyen des douze premières Maisons, cette triplicité n’étant que la résultante – accidentelle – de tout ce qui lui précède, elle ne saurait revêtir de véritable légitimité, autre que secondaire et accessoire.
  • En conséquence, l’interprétation du Tribunal guidera et orientera celle du thème dans sa généralité, sans toutefois endosser aucune valeur de conclusion et moins encore d’arrêt.
  • Avant d’interpréter le Tribunal (qualité, sens), vous serez donc attentifs à tenir scrupuleusement compte des données environnementales du thème :
    • Nature de la question posée.
    • Caractère de la réponse demandée.
    • Qualité de l’ensemble du thème.
    • Passations éventuelles des trois figures du Tribunal.

Des Témoins vous apprendrez enfin qu’ils représentent l’alternance inévitable qui est la condition de tout jugement ; ils sont comme les deux plateaux de la balance :

Le Témoin Droit :

  • La Causalité, l’actif.
  • Issu des Mères qu’il résume et de la verticalité : symbolise l’élan et les forces agissantes.
  • Le requérant.
  • La causalité, l’actif, les causes, les influences et les effets du passé, l’hérédité, les acquis, l’origine.
  • L’état d’une situation à son commencement.
  • Le motif de la demande objet de la consultation.
  • Tout ce qui soutient, accélère et favorise la réalisation d’une Sentence favorable, ou atténue et mitige les difficultés d’une Sentence défavorable.
  • La position du Questionneur au début de la demande et son attitude en phase initiale.
  • L’historique et les antériorités de la question posée.
  • La trajectoire, les causes agissantes, le subconscient.

Le Témoin Gauche :

  • La Finalité, le passif.
  • Issu des Filles qu’il résume et de l’horizontalité : représente les forces contraignantes et hostiles à l’accomplissement de la chose demandée.
  • La chose demandée.
  • La finalité, le passif, les effets, l’évolution d’une situation, la projection, la direction, les perspectives, les conséquences, la volonté, la tendance, la tournure des événements.
  • Tout ce qui freine ou entrave la réalisation d’une Sentence favorable, ou provoque et participe à la réalisation d’une Sentence défavorable.
  • Ce vers quoi la question ou le Questionneur lui-même peut « tendre ».
  • Le devenir du Questionneur et les préoccupations qu’il évoque ou bien qu’il ressent sans les exprimer.

Le Juge exprimant quant à lui la Fatalité, neutralise les deux modes et condense leurs propriétés actives et passives :

  • L’état d’esprit, la relation.
  • Le conseil, l’enjeu, le lien.
  • L’influence, l’avenir proche.
  • L’interaction en moi et le monde.
  • L’influence du destin.
  • Le contexte dominant.
  • L’aboutissement immédiat.
  • La synthèse, la balance, l’équilibre des forces en présence, la tendance, la coloration, le moment présent.
  • L’état global, la permanence.

Quant à la Sentence, elle tend à exprimer la résultante et l’avenir à plus longue échéance de temps :

  • La Résultante pratique.
  • La réponse à la question initiale.
  • La manifestation concrète.
  • La matérialisation de la question.
  • La résolution possible ou souhaitable.
  • L’évolution, le sort, l’issue.
  • Le résultat du résultat.
  • La réponse ultime, la satisfaction finale.
  • Le jugement de Dieu.
  • La projection, la tournure, ce vers quoi l’on tend, le destin.

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