Carcer (Prison)

  • Nature planétaire : Saturne.
  • Qualité : Mauvaise.
  • Significations dérivées : Figure occidentale, froide et sèche, féminine, nocturne, féconde, correspondant à l’automne.
  • Figure complémentaire : Conjonctio.
  • Figure en analogie de sens : Tristitia.
  • Mode d’action : Commune, Sortante, Directe.
  • Jour : Samedi – Mois : Février.
  • Signification résumée : L’isolement, la solitude, la réclusion, la limitation, la restriction, l’emprisonnement, le statisme, l’enfermement psychologique et physique, la coercition, l’égoïsme, l’égocentrisme, l’inertie, l’immobilité, la contrainte, la réflexion, la méditation, la concentration.
  • Échelle de temps : L’Année ou les Siècles.
  • Parties du corps : L’estomac, la vessie, les os, les pieds.
  • Lieux : Les forteresses, les prisons, les cimetières, les tribunaux, les enclos, les cavernes, les hôpitaux, les monastères, les cloîtres, les couvents, et tous les lieux susceptibles d’entraver la liberté de mouvement, de pensée et d’action.
  • Météorologie : Temps froid et pluvieux avec peu de luminosité, possibilité d’averses de neige et de gel.
  • Tempérament : Opiniâtre, renfermé, austère, sévère, autocentré, replié sur lui-même, avare et parfois mesquin, inquiet et susceptible, borné et septique, apte aux travaux exigeant de la minutie, de la logique et une extrême rigueur.
  • Message liminal : Maintenez-vous patiemment dans la situation, et sachez attendre le bon moment ou la bonne opportunité pour agir.
  • Sens fondamental : Le blocage, l’arrêt, la limitation, la frustration, l’isolement, les empêchements, la privation de liberté et d’autonomie, tout ce qui stoppe net, enferme, prive, ralentit, resserre et empêche d’aller de l’avant ; mais aussi la protection des acquis, la conservation, le for intérieur, la vie cachée, la sécurité, le repos forcé, la réflexion, et la concentration, la recherche solitaire.
  • Analogie symbolique : les forces contraignantes, aliénantes, coercitives, les obstacles rédhibitoires, la cristallisation, l’immobilité, la fossilisation, l’opposition des forces et l’inertie, la stagnation, le verrou psychologique, l’impossibilité d’avancer, l’enfermement, le statisme ; bénéfique pour le domaine immobilier et les possessions foncières en général, dans toutes situations où un statu quo est préférable telles que la conservation d’une union, d’un statut ou d’une fonction, le travail intellectuel patient et minutieux ; annonce la grossesse, signe la protection occulte, le calme intérieur et le contrôle de soi.

Carcer nous convie à un travail personnel de recueillement, patient mais actif, dans le calme et le retranchement du monde, tout entier dédié à la réalisation, à l’édification et à l’accomplissement des œuvres de l’esprit. Ni signe d’échec, ni augure de succès, Carcer invite à une attente, et marque le besoin de connaître nos limites dans notre capacité à façonner le monde et nos désirs. Face à Carcer, il importe de « faire avec », et de se contenter de ce que la situation nous permet au moment présent, sans toutefois rester les bras croisés. Patience et persévérance dans l’adversité, les travaux de longue haleine exigent constance, endurance et ténacité pour être dépassés, tout comme les plus grandes peines de l’existence et les coups du sort. Carcer nous procure ces qualités d’opiniâtreté et de dur labeur, propres à nous transcender et à conserver intact l’espoir des jours meilleurs, même quand nous frappe le malheur.

Carcer nimbe l’âme d’une protection invisible et cloisonne l’esprit en son sein pour permettre le travail de gestation et de réhabilitation de notre être intérieur, jusqu’à ce que celui-ci, devenu suffisamment fort, finisse par s’affranchir de ces murailles occultes, devenues inutiles. C’est de ce travail de reconstruction de l’intime que nous parle Carcer, de cette mise en chantier magnifique de l’âme pour œuvrer en son for intérieur à sa régénération perpétuelle, de ce travail personnel d’approfondissement et de connaissance de soi, à travers une puissante introspection, pour aboutir à une remise en question magistrale de ses croyances et de ses valeurs les plus ancrées.

Au terme de ce processus de prise de conscience, de recentrage et de mise au point forcé, l’individu se retrouvera face à ses propres limitations, dans un état douloureux de pression psychique, face à une réalisation de soi impossible. C’est précisément le message de Carcer, qui nous engage à cultiver la patience tout le long de ce parcours initiatique lent et parfois pénible de gestation, car à l’intérieur du cercle de puissantes forces s’exercent pour renverser notre univers mental. Au-delà du cercle vicieux où tout semble tourner en rond vu de l’extérieur, des phénomènes invisibles se produisent en nous et qui transmuteront notre monde au profit d’une réalité transfigurée de laquelle nous ne savons rien encore. En ce sens, Carcer marque l’annonce d’une renaissance à un état nouveau et providentiel, et l’ouverture sur une infinie étendue de possibles, une fois le monde du tangible dépassé et transcendé.

Carcer, en tant que puissance créatrice liée à la force vitale, nous invite donc à une exploration de notre être secret et au retour à l’origine, à l’affranchissement de l’âme et à la purification, avec la promesse d’une libération à venir, de tous les obstacles liés à l’appris, et à l’hérédité. Il est des libertés prisonnières et des prisons libératrices, d’obsessions ou simplement d’habitudes, aussi convient-il avec Carcer de s’éveiller à l’absolu et de considérer la vie comme dans un songe, afin de ne plus jamais être la proie de nos illusions, car s’il n’existe aucun échappatoire au réel, il demeure véritable l’espoir d’une éclosion à une autre dimension.

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